En France, près de 3,9 millions de logements sont encore classés F ou G selon les données du SDES au 1er janvier 2025. Depuis le 1er janvier 2025, les propriétaires de passoires thermiques classées G ne peuvent plus les louer légalement, et cette contrainte s’étendra aux logements F en 2028. Pour les artisans du bâtiment, ce contexte réglementaire crée un gisement de chantiers considérable, à condition de savoir où chercher.

Des millions de logements à rénover, un marché qui résiste

La rénovation énergétique est aujourd’hui le segment le plus solide du BTP. Alors que la construction neuve a reculé de 2,5 % en volume au premier trimestre 2026, l’entretien et l’amélioration du parc existant tient mieux. L’Anah a distribué 4,39 milliards d’euros d’aides en 2025 via MaPrimeRénov’, en hausse de 16 %, et 110 835 logements ont été rénovés au premier semestre 2026.

Pourtant, le stock de passoires reste massif : seulement 500 000 rénovations d’ampleur ont été réalisées en six ans, pour près de 3,9 millions de logements F ou G encore en attente. Le rythme actuel ne couvre qu’une fraction des besoins. Pour un artisan qualifié RGE, c’est autant de ménages qui auront besoin d’isolation, de menuiseries ou d’un nouveau système de chauffage dans les années à venir.

Cibler les acquéreurs récents : une logique simple, difficile à mettre en oeuvre seul

Quand un propriétaire achète une maison mal classée au DPE, il le sait souvent dès la première visite depuis avril 2023, un audit énergétique réglementaire est obligatoire pour les biens F ou G. Selon les données analysées par les Notaires de France, une maison classée G se vend en moyenne 25 % moins cher qu’un bien équivalent classé D. Cette décote n’est pas une mauvaise affaire pour l’acheteur : elle lui laisse un budget travaux. Et ce budget, il cherche à l’utiliser rapidement.

Les données publiques permettent de repérer ces profils : la base DPE de l’ADEME recense les diagnostics réalisés, et les DVF (Demandes de Valeurs Foncières) du Cerema tracent les ventes immobilières sur cinq ans. Croiser les deux, c’est identifier des zones où des passoires viennent d’être achetées, donc où la demande de travaux est probable. Le problème, c’est que l’exploitation manuelle de ces bases demande trois à quatre heures par zone, temps que la plupart des artisans en activité n’ont tout simplement pas.

C’est là qu’un outil de prospection pour artisans du bâtiment comme RénoProspect entre en jeu. La plateforme croise automatiquement les données DPE et DVF pour identifier les maisons mal classées récemment vendues dans le département de l’artisan. Chaque bien est scoré de 0 à 99, et un courrier personnalisé à l’en-tête de l’artisan peut être généré et envoyé directement depuis l’application. Dès l’envoi, le bien est réservé 30 jours : les autres abonnés ne le voient plus. L’outil revendique 700 000 leads en base, couvre 93 départements, et est proposé sans engagement à 29 euros HT par mois.

Prospecter là où il y a vraiment de la demande

La prospection à l’aveugle, flyers distribués dans un rayon arbitraire ou bouche-à-oreille passif, ne garantit aucun résultat et coûte du temps. Un artisan qui distribue des courriers dans un quartier récent ne croisera pas de maisons à rénover thermiquement. La logique inversée, partir de la donnée pour aller vers le propriétaire, est plus efficace parce qu’elle cible une demande latente déjà exprimée : le nouveau propriétaire connaît son DPE, a acheté avec une décote, et cherche un professionnel.

Un point de vigilance reste important pour les artisans qui travaillent avec MaPrimeRénov’ : les délais d’instruction des dossiers Anah atteignent en moyenne six mois. Démarrer un chantier avant la notification expose l’artisan à un risque de trésorerie. La qualification RGE, valide au moment des travaux et adaptée au domaine concerné, reste par ailleurs une condition d’accès aux aides pour les ménages. Ces contraintes opérationnelles ne changent pas la réalité du marché : le gisement de rénovations à réaliser en France dépasse largement la capacité actuelle du secteur à y répondre.

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